L’Aveyron face au Tarn

Les hommes ont lentement terrassé les coteaux abrupts du Tarn. Une à une, ils les ont empilées, délimitant et aplanissant les parcelles agricoles, bâtissant les granges et les maisons. Sur la clé de voûte et les croix, l’année à laquelle ils ont fini l’œuvre trône fièrement. Celles-ci n’ont pas bougé depuis plus d’un siècle, tout comme les châtaigniers s’étendent au-dessus des toits obscurs jusqu’à avaler les artefacts modernes tandis que les ronces protègent ceux du passé.

La vie a été construite autour de ces corps de ferme qui se camoufle au cœur de la forêt de chênes. Les pâtures et cultures trahissent leur proximité, mais ainsi rien ne manque. Même la modernité s’est installée juste à leurs pieds. Un barrage, l’un de ceux qui n’ont rien de monumental comme on en trouve tant sur le Tarn.

Il ne manque rien, la vie peut se suffire à elle même… enfin c’est tout de même préférable d’avoir une voiture! Aujourd’hui, peu d’habitants sont restés vivre sur ces coteaux perdus entre quelques bourgs qui se meurent. Albi, Rodez voici, les villes les plus proches, suffisamment dynamiques pour s’assurer de ne manquer de rien.

Ils étaient 150 à vivre à l’année, il y a 60 ans, et ils sont désormais 7. On les appelle « lous crouseses ».

Ce n’est pas par hasard que je me suis retrouvé dans ce hameau perdu au cœur de la France. Les amis à qui je viens rendre visite, je les ai rencontrés dans un lieu tout aussi secret, Zelenkovac en Bosnie-Herzégovine. C’est donc avec mon appareil photo et l’envie de couper du bois que je prenais 2 trains, 1 car et 3 voitures en stop que je les retrouvais pour qu’il me conduise à leur nouveau paradis perdu, La crous.

 

 

 

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