Dernière ligne droite, Saint-Nazaire

10 août 2017

« Je ne fais que passer… bien dormi? » Une employée municipale se promène entre les constructions afin de garder « Le jardin étoilé » propre et ne semble aucunement gênée par notre occupation du lieu pour passer la nuit. Un café, un pain au chocolat et nous voilà partit pour la dernière ligne droite à travers les bocages de pins. Les vaches paissent sur a terre sablonneuse traversée par de nombreux canaux. Le pont de Saint-Nazaire n’est plus qu’à une vingtaine de kilomètres et pour le rejoindre nous avons le plaisir de marcher le long du fleuve. Les pontons s’avancent dans le lit de la rivière où se perchent de petites cabanes de pêcheurs qui plongent leur filet à marée haute. De notre côté, la verdure, de l’autre l’industrie, raffinerie, ports, gravières, le tout semble minuscule face au fleuve.

L’objectif nous fait face, ce pont qui grandit à vue d’oeil nous fait dévorer les kilomètres et la majestuosité du lieu nous pousse à prendre notre temps. Etrange sentiment que d’admirer ce qui me révulse habituellement. L’industrie a sa place ici, au cœur de l’immensité de la nature, l’humanité peut se prêter au gigantisme car ses rêves démesurés restent minuscules face à la suprématie de l’environnement.

Saint Brévin les pins, il est midi et nos estomacs se serrent… pour autant nous décidons de continuer vers Saint Nazaireet donc de s’attaquer au pont qui se découvre tel qu’il est, fait de méandres et gigantesque. Traverser ce pont à pied est une expérience en soit, le vent violent fouette mon visage, la fureur des voitures et des camions joue une musique chaotique alors que nous n’avons qu’une fine langue de béton pour avancer en file indienne. Garder l’équilibre dans ces conditions scrutes chaque recoins du paysage est difficile. 5 km dans ces conditions, une fois le pont franchi, il nous faut une pause pour dessouler. Les géants d’acier ne sont plus si petits de ce côté et la traversée du chantier naval est bien long quand la fatigue pèse. Saint-Nazaire, son caractère ouvrier est évident, depuis les affichages politiques aux déambulations des passants en bleu de travail avec parfois, encore le casque sur la tête. L’orientation n’est pas si aisé dans cette ville d’après guerre mais nous finirons par atteindre le front de mer où nous nous écroulons de fatigue à la terrasse d’un bar de plage.

Are you happy? (Est tu heureux?) Je n’ai pas vraiment de réponse. Face à la plage et devant a bière, oui, je suis heureux. Heureux avec ce mode de vie fait d’inconnu, de surprises et de plaisirs simples, mais heureux du fait d’être arriver , je ne suis pas sûr.

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